Tod des algerischen Präsidenten Houari Boumedienne (2)

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L'ex-colonel Ahmed Bencherif à El Khabar


« Boumediene est mort empoissonné et les médecins russes nont pas été à la hauteur »


Le moudjahid et ex-commandant de la Gendarmerie nationale, le colonel Ahmed Bencherif, revient dans cet entretien sur les circonstances de la mort du président Houari Boumediene, se disant persuadé quil a été empoisonné. Ahmed Bencherif sest également remémoré les circonstances de lintronisation de Chadli Ben Djedid à la tête de la présidence de la République et le rôle quil a joué à cette période.
El Khabar : Monsieur Bencherif, il est clair que les mémoires de Mehieddine Amimour vous ont dérangé, lorsquil a abordé votre rôle dans lintronisation de Chadli Ben Djedid à la tête de la présidence de la République après la mort de Boumediene ?

Ahmed Bencherif : Avant de parler des mémoires dAmimour, je voudrais revenir un peu sur les circonstances du décès de Boumediene. Jai été le seul à avoir accès à une ordonnance du médecin qui indiquait que Boumediene était malade du système urinaire, et quil urinait du sang. Je pense personnellement que les médecins russes nont pas été à la hauteur. Si nous lavions conduit dans un autre pays européen, sa maladie aurait été diagnostiquée de façon plus précise, et il aurait pu être soigné et sauvé.

El Khabar : Adhérez-vous à la thèse qui met en doute les circonstances de la mort du président Boumediene, ou pensez-vous quil est mort de façon naturelle ?

Ahmed Bencherif : Vous avez dit dans votre journal quil semblait y avoir une ressemblance entre la mort de Boumediene et la mort dArafat.
El Khabar : Cest Chadli qui a affirmé cela.
Ahmed Bencherif : Et moi je peux confirmer que la mort du président Boumediene est parfaitement identique à celle dArafat.
Jai offert au président un couple de chiens de race danoise, et les chiens sont morts empoisonnés, mais il est étrange que les médecins russes aient descellé chez les deux chiens les symptômes de la maladie de Boumediene.
El Khabar : Revenons aux témoignages de Mehieddine Amimour, qui prétend que cest Ahmed Bencherif qui a proposé Chadli Ben Djedid comme président de la République.
Ahmed Bencherif : Cela nest pas vrai, et le conflit entre Bouteflika et Yahiaoui a commencé dès la mort de Boumediene afin de déterminer qui devait lire loraison funéraire. Abdelmadjid Allahoume, qui était secrétaire général de la Présidence, penchait pour Bouteflika, et tout le monde se souvient du discours de celui-ci au cimetière dEl Alia. En ce qui me concerne, je me suis opposé aussi bien à Yahiaoui quà Bouteflika pour des raisons que je garde pour moi.
 
El Khabar : Pourquoi vous êtes-vous opposés à Bouteflika ?

Ahmed Bencherif : Oui je me suis opposé à Bouteflika à lépoque et je le soutiens actuellement, car jai vu que lhomme avait beaucoup évolué durant sa traversée du désert. Je vois quil na pas lieu de le comparer avec ses concurrents à la présidence de la République.
El Khabar : Nous reviendrons plus tard sur la révision de la Constitution et le troisième mandat. Revenons à ce qui sest passé après la mort de Boumediene. Vous dites que vous vous êtes opposés à Yahiaoui, à Bouteflika et à la révision de la Constitution afin de permettre à Bitat de prendre la tête de la présidence. Etiez-vous personnellement candidat à la succession de Boumediene ?
Ahmed Bencherif : En fait il y a eu un coup dEtat contre moi, afin que je ne dirige pas larmée. Jai dit plus tard à Chadli que cest Merbah « qui ta ramené et cest lui qui va se retourner contre toi ».

El Khabar : Comment est-ce que Merbah sest débarrassé de Chadli ?

Ahmed Bencherif : Des membres du Conseil de la révolution comme Abdelghani et Taybi El Arbi ont déclaré sincèrement quil fallait désigner le plus faible qui était Chadli, et Merbah, que Dieu ait son âme, sest réjouit de ces propos, et il a tenu, après cela, une réunion de lensemble des commandants des régions militaires, en sa qualité de secrétaire général du ministère de la Défense, et il les a informés que Chadli Ben Djedid a été désigné à la tête de la Présidence. Chadli sest effondré en larme, puis il sest dépêché décarter les membres du Conseil de la révolution.
El Khabar : Vous dites que vous vous êtes opposés à Bouteflika par la passé, et vous lappelez aujourdhui à un troisième mandat car « il a beaucoup évolué ». Comment a évalué Bouteflika ?
Ahmed Bencherif : Premièrement, il a appris le Coran par cur, et il prie désormais. Par ailleurs, il est le numéro 1 de la politique étrangère. Je le considère comme le meilleur des présidents arabes actuels.

El Khabar : Mais jusquà quel point votre génération et celle de Bouteflika détiennent-elles toujours les rênes du pouvoir ? Beaucoup de choses ont changé dans le monde et en Algérie, on ne peut concevoir la révision de la Constitution que si lon désire retourner au temps du parti unique ?

Ahmed Bencherif : Je suis pour la révision de la Constitution et la désignation dun vice-président qui finirait le mandat en cas de vacance de la présidence de la République. Nous éviterons ainsi les dépenses des élections. Sans ça, je suis contre la révision de la Constitution.

El Khabar : Pourquoi ne pas conserver la Constitution actuelle et élire un nouveau président au début de lannée 2009 ?

Ahmed Bencherif : Nous vivons une véritable catastrophe, qui est la catastrophe des quarante partis. Il nous faut deux partis ou trois au maximum.